Realteam Spirit au pied du podium d’un Bol d’Or aussi rapide qu’exigeant

Realteam Spirit a conclu le Bol d’Or du Léman 2026 à la quatrième place après une édition particulièrement contrastée, alternant longues phases de patience et séquences de très haute vitesse. Dans une flotte de 391 bateaux réunie sur la ligne de départ à Genève, les équipages ont dû composer avec un Léman fidèle à sa réputation : magnifique, imprévisible et exigeant.

Un Bol d’Or du Léman intense entre petits airs et vols à haute vitesse

Dès le départ donné samedi matin sous un soleil radieux, les conditions ont imposé un subtil exercice d’équilibre entre lecture du plan d’eau, gestion des transitions et choix stratégiques. Les TF35 ont rapidement pris les commandes de la flotte avant de profiter d’un flux de sud-ouest leur permettant d’accélérer vers le milieu du lac et d’enchaîner les phases de vol.

Une régate qui s’est jouée dans les détails

Au fil de l’après-midi, les conditions se sont complexifiées. Alors que le vent faiblissait à l’approche de Lausanne, plusieurs options tactiques s’offraient aux équipages. Realteam Spirit a choisi de quitter la côte suisse afin de traverser le lac vers la rive française, privilégiant une route plus directe vers Le Bouveret. Un pari assumé dans une zone où les différences de pression pouvaient rapidement redistribuer les cartes.

Mais à mesure que la flotte progressait vers le Haut-Lac, le vent s’est progressivement éteint, immobilisant les concurrents pendant de longues minutes. Comme souvent sur le Bol d’Or, la hiérarchie s’est alors construite autant sur la patience que sur la vitesse. Après plusieurs heures de lutte dans des conditions instables, les équipages ont finalement retrouvé un flux plus régulier sur le chemin du retour. Une brise d’ouest puis un sud-ouest bien établi ont permis aux TF35 de reprendre leur envol et de retrouver les performances spectaculaires qui font leur réputation.

Une magnifique bataille jusqu’à l’arrivée

Le retour vers Genève a offert un tout autre visage de la course. Portés par une dizaine de nœuds de vent, les équipages ont dévalé le lac à près de 20 nœuds, se livrant une bataille permanente pour les premières places. Realteam Spirit est resté au contact du groupe de tête pendant une grande partie de la remontée, profitant de chaque opportunité pour revenir dans la lutte. Dans les derniers kilomètres, plusieurs changements de position sont venus rappeler à quel point le Bol d’Or demeure imprévisible jusqu’au passage de la ligne. Au terme d’une arrivée particulièrement disputée, Realteam Spirit décroche la quatrième place de cette édition 2026 au bout de 11h59 de course.

Une aventure qui dépasse le classement

Au-delà du résultat sportif, le Bol d’Or reste une course à part dans le calendrier. Sur un même parcours, les marins doivent composer avec des vents thermiques, des effets de relief, des transitions parfois brutales et des zones de calme où tout peut basculer. Une épreuve qui récompense autant la maîtrise technique que la capacité d’adaptation. Chaque édition apporte son lot d’enseignements et cette année ne fait pas exception.

Pour Realteam Spirit, cette quatrième place confirme une nouvelle fois le niveau extrêmement relevé du plateau TF35 et nourrit déjà les réflexions pour la suite de la saison. « Le Bol d’Or est une course qui nous apprend quelque chose chaque année. Bien sûr, nous aurions préféré terminer plus haut au classement, mais ce n’est jamais une régate que l’on résume à un résultat. Il y a toujours des enseignements à tirer, des choix à analyser et des détails à améliorer. C’est aussi ce qui nous fait revenir : cette course nous pousse constamment à progresser, que l’on gagne ou que l’on perde. », déclare le skipper Jérôme Clerc. Après ce rendez-vous incontournable du Léman, Realteam Spirit poursuit désormais sa saison sur le circuit TF35 Trophy avec la même ambition : continuer à progresser, apprendre et rester au contact des meilleurs.

Car au Bol d’Or, plus encore qu’ailleurs, chaque édition rappelle qu’une course n’est jamais totalement gagnée ni totalement perdue. Elle constitue avant tout un formidable apprentissage et une aventure humaine hors du commun.

Crédits photos : Loris von Siebenthal